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L’annonce est tombée ce 14 avril 2026 : Jean-Pierre Escalettes, figure centrale et parfois contestée du football français, s’est éteint à l’âge de 90 ans. Ancien président de la Fédération Française de Football (FFF) entre 2005 et 2010, il restera dans les mémoires comme l’homme qui a dirigé l’institution durant l’une de ses périodes les plus fastes, mais aussi la plus sombre. Son décès a d’abord été relayé par les titres de presse régionale, notamment Sud Ouest et la Dordogne Libre, confirmant la perte d’un dirigeant profondément attaché à ses racines périgourdines.
Qui est Jean-Pierre Escalettes ? Né en 1935, Jean-Pierre Escalettes fut un dirigeant de football français, président de la FFF de 2005 à 2010. Son mandat est marqué par le succès commercial de la fédération, l’obtention de l’Euro 2016, mais surtout par le fiasco de Knysna lors de la Coupe du Monde 2010, qui entraîna sa démission.
Le parcours d’un président au cœur de la FFF
L’ascension de Jean-Pierre Escalettes au sommet du football français n’est pas celle d’un technocrate, mais celle d’un homme issu du monde amateur. Élu en 2005 avec pour mission de succéder à Claude Simonet, il a rapidement imposé une gestion rigoureuse des instances. Sous son égide, la FFF a connu une croissance financière sans précédent. Le point d’orgue de cette stratégie fut la signature du contrat avec l’équipementier Nike (succédant à Adidas) pour un montant record de 320 millions d’euros sur sept ans. À l’époque, il justifiait ce choix de manière pragmatique : « C’est l’aspect financier qui a fait la différence. Je n’avais ni la capacité morale ni légale de prendre une autre décision. »
Son bilan ne se limite pas aux chiffres. Jean-Pierre Escalettes a joué un rôle moteur dans la candidature de la France pour l’organisation de l’Euro 2016. Sa capacité à unifier les ligues professionnelles et amateurs derrière un projet commun a été sa grande force avant que les vents ne tournent. En fait, il incarnait cette dualité française : un pied dans le terroir de la Dordogne et l’autre dans les hautes sphères de la FIFA et de l’UEFA.
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Knysna : la parenthèse douloureuse et la démission
Cependant, le nom de Jean-Pierre Escalettes restera à jamais indissociable de l’épisode de Knysna. Lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud, la grève des joueurs refusant de descendre du bus a plongé le football français dans une crise existentielle inédite. Accusé d’avoir manqué de fermeté face aux cadres de l’équipe, Escalettes a tenté de maintenir l’édifice tant bien que mal. « Je protège l’équipe », répétait-il alors pour justifier le choix de l’hôtel de luxe Pezula, loin des yeux du public.
La pression devint pourtant insoutenable après l’élimination piteuse des Bleus. Entre les critiques acerbes des médias et les interventions de la ministre des Sports de l’époque, Roselyne Bachelot, qui jugeait sa position intenable, il finit par présenter sa démission le 28 juin 2010. Ce départ a marqué la fin d’une ère et le début d’une vaste réforme de la gouvernance fédérale. Malgré la violence des critiques, il ne s’est jamais départi de sa courtoisie naturelle, quittant ses fonctions avec une dignité saluée même par ses opposants.
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L’héritage périgourdin : Jean-Pierre Escalettes, un homme de son terroir
Si la France entière se souvient du dirigeant national, le Périgord pleure aujourd’hui l’un des siens. C’est à Ribérac, en Dordogne, que Jean-Pierre Escalettes a forgé sa passion pour le ballon rond. Son engagement local n’était pas un simple tremplin, mais un véritable sacerdoce qui a duré plusieurs décennies. Il a consacré 15 ans de sa vie au CA Ribéracois, occupant tour à tour les fonctions de joueur, d’éducateur, de dirigeant et de secrétaire général. Cette immersion totale dans le football de base lui a conféré une légitimité unique lorsqu’il a gravi les échelons du district de Dordogne puis de la Ligue d’Aquitaine.
Où a-t-il travaillé localement ? Jean-Pierre Escalettes a débuté son parcours de dirigeant au sein du CA Ribéracois en Dordogne. Il a ensuite présidé le District de football de la Dordogne avant de prendre la tête de la Ligue d’Aquitaine, puis de la Ligue Fédérale du Football Amateur (LFFA).
Au-delà de la FFF : son empreinte durable dans le football local
Le lien entre Escalettes et sa région ne s’est jamais rompu, même au plus fort de ses responsabilités parisiennes. En 2008, il était réélu à la tête de la Ligue Fédérale Amateur avec plus de 95 % des voix, preuve de l’estime que lui portaient les petits clubs. Le football périgourdin lui doit beaucoup, notamment en termes de structuration et de défense des intérêts des clubs ruraux. Pour de nombreux présidents de petits clubs de la région, il restait « Jean-Pierre », l’ancien prof d’anglais capable de discuter tactique autour d’un stade de campagne avec la même passion qu’un soir de finale au Stade de France.
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Aujourd’hui, l’heure est au recueillement. Les informations publiées par la Dordogne Libre soulignent l’émotion profonde qui traverse les instances sportives locales. Les circonstances exactes de son décès n’ont pas été rendues publiques, mais son âge avancé laisse présager une fin paisible pour cet homme qui avait choisi de se retirer dans ses terres après l’orage médiatique de l’après-2010. Son héritage se lira désormais dans la pérennité des structures amateurs qu’il a tant aidé à consolider.
Le bilan de Jean-Pierre Escalettes est donc une fresque en clair-obscur. D’un côté, le bâtisseur financier et l’artisan du renouveau des infrastructures ; de l’autre, le spectateur impuissant d’un naufrage collectif en Afrique du Sud. Pourtant, avec le recul de 2026, l’histoire retiendra sans doute la trajectoire exemplaire d’un bénévole passionné parti du plus petit échelon pour atteindre le sommet mondial, sans jamais oublier d’où il venait. Pour le football français, et plus particulièrement pour le Périgord, une page se tourne définitivement.